Page:Les poésies de Stéphane Mallarmé.djvu/35

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Par les cafés princiers attendre le matin ?
Les plafonds enrichis de nymphes et de voiles,
On jette, au mendiant de la vitre, un festin.

Et quand tu sors, vieux dieu, grelottant sous tes toiles
D’emballage, l’aurore est un lac de vin d’or
Et tu jures avoir au gosier les étoiles !

Faute de supputer l’éclat de ton trésor,
Tu peux du moins t’orner d’une plume, à complies,
Servir un cierge au saint en qui tu crois encore.

Ne t’imagine pas que je dis des folies.
La terre s’ouvre vieille à qui crève la faim.
Je hais une autre aumône et veux que tu m’oublies

Et surtout ne va pas, frère, acheter du pain.