Page:Les poésies de Stéphane Mallarmé.djvu/54

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée





L’Après-Midi d’un Faune



le Favne

Ces nymphes, je les veux perpétuer.
Ces nymphes, je les veux perpétuer. Si clair,
Leur incarnat léger qu’il voltige dans l’air
Assoupi de sommeils touffus.
Assoupi de sommeils touffus. Aimai-je un rêve ?
Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève
En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
Bois mêmes, prouve, hélas ! que bien seul je m’offrais
Pour triomphe la faute idéale de roses —
Réfléchissons…
Réfléchissons… ou si les femmes dont tu gloses
Figurent un souhait de tes sens fabuleux !
Faune, l’illusion s’échappe des yeux bleus
Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste :
Mais l’autre, tout soupirs, dis-tu qu’elle contraste