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Les barres sont arrondies ou tranchantes, suivant que la partie de l’os maxillaire qui en forme la base, présente une crête plus ou moins élevée, plus ou moins effacée ; et dans ces cas, l’action est plus ou moins forte. À la barre effacée, la langue déborde, et il faut un mors brisé ou courbe ; si elle est tranchante et élevée, il faut alors un mors garni de parties molles pour adoucir son action ; il faut, dans les deux cas, et surtout dans le dernier, beaucoup de précautions ; car le fer comprimant, on voit les chevaux, jeunes surtout, se cabrer et se renverser par suite d’une action mal comprise sur les rênes.

On a répété pour les barres tous les faux raisonnements qui ont été portés au sujet des perfections à rechercher dans les diverses parties constituantes de la bouche, considérée dans ses rapports avec l’appareil de gouverne des animaux, et l’on a inventé toute sorte de qualifications pour désigner les différents états, où l’inhabileté et la maladresse mettent la bouche du cheval qu’on n’a su ni emboucher, ni mener. On a fait alors la bouche fausse ou égarée, la bouche assurée, celle dite à pleine main ; la bouche sensible, fine, tendre, légère, loyale, fraîche, forte ou dure, et finalement la gueule, une gueule de fer ou d’enfer. Ces épithètes répondent toutes ou à des perfections ou à des imperfections dépendantes de la main de l’homme, et quand celui-ci connaît son métier, il adapte un mors spécial qui rend normale la sensibilité exaspérée ou abolie. Et une preuve, c’est que tel cheval rétif, indocile en des mains inexpérimentées, se montre maniable et facile sous une main douce et capable.

En somme que faudrait-il rechercher ? Des barres moyennement arrondies, s’élevant à peu près au niveau de la langue et des lèvres, seraient dans les meilleures conditions