Page:Liszt - Lohengrin et Tannhäuser, 1851.djvu/97

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est un pays,… qu’il est une montagne,… qu’il est un temple saint,.., où le St Graal est conservé sous la garde de nobles chevaliers,… qui, lorsqu’il les envoie parmi les hommes au secours de la vertu opprimée, sont doués d’une force surhumaine, aussi longtemps qu’ils ne sont point reconnus,… mais dès que leur secret est dévoilé, ils doivent fuir les yeux des profanes… Sachez que le chef de cette chevalerie excellente, celui qui porte la couronne dans ce pays fortuné, est Parcival mon père.... et que je suis son fils et son chevalier.... Lohengrin.... » Tout l’unisson de l’orchestre fait reteutir ici sa mélodie avec un si glorieux éclat, que nous ne saurions nous figurer plus brillantes, les fanfares des célestes milices où combattent St Georges et Michel l’Archange leur chef !

« Apprenez, continue-t-il, comment je suis arrivé jusqu’à vous... Les vents des cieux apportèrent dans le temple béni, les soupirs et les prières d’une jeune fille persécutée, et j’avais mission de partir pour la défendre, quand un cygne aborda sur notre grève, en conduisant une nacelle vide.... Mon père le reconnut aussitôt… et l’initia au service du St Graal… car quiconque est soumis aux enchantemens de la magie, reprend sa forme véritable après l’avoir servi fidèlement durant une année.… Je