Page:Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes, Nisard.djvu/573

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sa mère ? Mais elle l’a mérité, ayant donné le jour à un monstre tel que toi. Après tout, sommes-nous donc si coupables, si criminelles pour secourir un héros qui, docile aux ordres d’un tyran barbare, affronte des mers jusqu’à lui — inconnues, et pour encouragerde quelqueespoir « sa merveilleuse audace ? Mais, au lieu de prier — Eétès,de s’allier avec lui, ne devions-nous pas d’abord engager aveuglément le combat ? Oui, ainsi font les Thraces ; ainsi cet insensé, quand il veut obtenir quelque chose. Pour moi, que ne puis-je prévenir tout désaccord, toute guerre entre les deux alliés ! Donnez-nous donc la toison, vous qui êtes l’arbitre de toutes choses, et soudain nous reprenons le chemin des mers. « Que si Mars s’y refuse encore, et s’oppose seul à l’exécution de nos projets, me faudra-t-il à « travers tant de mers rapporter cet affront, " et avouer ainsi mon impuissance ? » Elle dit : Mars, les yeux enflammés, commençait à répon- dre, quand Jupiter l’interrompt et l’arrête par ces mots : « Insensé, pourquoi cette colère ? « Quand le mal est fait et que déjà vous vous « en repentez, vous venez réclamer ma justice ! • Combattez donc, achevez ce que vous avez « commencé, puisqu’aussi bien vous en payerez • la peine. Vous cependant, mon épouse et ma « fille, écoutez mes avis. Contentez- vous de re- « pousser Perses, et qu’un vain espoir ne porte « pas les Argonautes à mettre fin à la guerre. Tel est l’arrêt du Destin : l’ennemi lèvera son camp et ajournera la guerre, effrayé de l’ar- « rivée des Pélasges et de la valeur de leur chef. Mais à peine auront-ils regagné la Thessalie, « que Perses reviendra s’emparer du sceptre et « du royaume d’Éétès. Or, quand il aura vieilli « dans un long exil, celui-ci, secondé par sa fille « (tache trop glorieuse, après les crimes qu’elle « aura commis) et par un petit-fils issu du « sang d’un Grec, sera rétabli sur son troue. « Voilà le terme assigné aux divisions, aux hai- « nés des deux frères. Allez maintenant, et que « chacun de vous choisisse à son gré ses adver- « saires. »

Il dit, fait, dresser les tables, et rétablit la concorde parmi les dieux. Cependant la Nuit déploie daus l’Olympe son manteau d’étoiles ; le chœur des Muses et le dieu qui joue de la lyre s’avancent pour chanter les combats de Phlégra, et Ganymède verse à la ronde le céleste nectar. Les dieux, chacun dans son palais, vont goûter le sommeil.


Cependant Mars veille, possède des mêmes fureurs, et l’amer ressentiment bouillonne dans son sein. Ne sachant quel parti prendre, qui protéger, il veut aller s’assurer par soi-même s’il peut dompter les Argonautes, anéantir l’é- lite de la jeunesse grecque, et, par une défaite sanglante, punir Éétés de son indigue traité. Il lance son char, brandit sa pique, signal irrévo- cable de la guerre, et s’arrête au-dessus des ten- tes de l’armée scythe. Le Sommeil fuit tout à


Quin simili matrem démens gravitate sequutus ? Digna quidem, monslrom superis quse taie créai it. Quod tamea aggressae scelus, aul quo crimine seules, Si juvenem, qui jassa sui tam dira tyranni GCO Inipavidus maria et iiondum qu. nota subibat, Juvimus, et niagnis aliquam spem movimus ausis ? An nullas praeferre preces, irec (cédera régis Ullasequi, caeca sed cuncta inipellere pugna Debuimus ? SicThracesagunt,sic turbidus iste, 0C5 Si qua petit. Cuperem hœcetiam nvinc bella reuiilli, Nec socias armare manus : da vellera rector, Et medio nos cerne mari. Quod sin ea Mavors Abnegal, et solus nostris sudoribusobslat, Ibimus indecores.frustraque tôt a ? quora vectae, CTO Fassaque, quae nequeam ? Sic femina. Cœperat ardens Hic ilerum altemis Mavors insurgere dictis. Excipit hinc contra pater.et sic voce coercet : Quid vesane frémis ? quum vos jam pœnitet acti, Pecealumqiie salis, tune ad mea jura venitis. 67 j Quolibet ista modo, quacumque impellile pugna, Quœ coepistis, liabent quoniam sua fata furores. Te tamen hoc, conj ux, et te, mea nata, monebo : Sit Persen pepulisse satis, nec vana relentet Spes Minyas, finemve velint imponere bello. C80 llium etenim lalis rerum manet (accipite) ordo : Victa rétro nunc castra dabit, bellcmque remittet, Tei ritus adventu ducis et virtute Pelasgi ; ’ Mox ubi Thessalicis réfèrent lios (lamina terris, Tune aderit, victorque domosetsceptra lenebit, 685 Douée et.Eelen inopis post longa senecUe Exsilia (lieu ! niagnis, quantum libet, impia, fatis) Nata juvef, Graiusque nepos in régna reponat. Hic labor, amborumque b*c sunt discrimina fratrum. Vadite, et adversis, ut quis volet, irruat armis. 090 Dixerat ; instaurât mensas, pacemque reducît, Et jam sideream noetem demitlit Olympo. Tune assuetus adest Pblegraeas reddere pugnas Musarum chorus, et cilbarae pulsator Apollo ; Fertque gravem Phrygius circum cratera minister. 695 Surgitur in somnos, seque ad sua limina llecttint.


At vigil isdem ardet furiis Gradivus, et acri Corde tumet, nec quas acies, qua’ castra sequalur, Invenit ; ire place t tandem, praesensque tueri, Slernere si Minyas, magnoque rependere lurtu Régis pactaqueat, Graiamque absumere pubem. lmiiulit hinc currus, monsfrum irrevocabile belli