Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/126

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


A ces mots, celui-ci sauta hors du lit, où il feignait de dormir, et s’écria :

— Non, je ne dors pas, cette fois !

Et il prit la cane, qui voltigeait au-dessus du berceau de l’enfant, retira l’aiguille de sa tête, et aussitôt elle revint à sa forme première et se jeta sur le berceau, pour embrasser son enfant.

— Allumez de la lumière, nourrice, et appelez la marâtre ! cria le mari de Lévénès.

La méchante vint ; mais, quand elle vit la tournure que prenaient les choses, elle voulut s’enfuir avec sa fille.

— Holà ! s’écria le jeune seigneur, en voyant cela, attendez un peu, car chacun doit être payé selon ses œuvres.

Et il fit chauffer un four à blanc et l’on y jeta la marâtre et sa fille.

Quant à Lévénès, elle vécut heureuse, le reste de ses jours, avec son mari et ses enfants.


Recueilli à Plouaret, janvier 1869.