Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/189

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— Oui, ce sont mes frères ; et le moment est venu, pour eux aussi, d’échapper au pouvoir de la sorcière et de recouvrer leur forme humaine. Posez sur eux votre étole, récitez une oraison, et vous les verrez redevenir hommes, comme moi.

Le prêtre suivit ce conseil : il posa son étole sur les moutons, successivement, récita une oraison, à chaque fois, et aussitôt ils revinrent à leur forme première.

Goulven raconta alors la trahison dont sa sœur avait été victime, de la part de sa suivante, la fille de la sorcière.

On retourna au château, et l’on songea à récompenser chacun selon qu’il l’avait mérité.

On envoya chercher la vieille sorcière, dans le bois qu’elle habitait, et quand elle fut arrivée, sa fille et elle et le jardinier furent écartelés, chacun entre quatre chevaux, puis ils furent jetés dans un grand bûcher et réduits en cendres.

Goulven et Lévénès vécurent alors heureux et tranquilles, et eurent, dit-on, beaucoup d’enfants.


Conté par Le Noac’h, de Gourin, à Merville,
près Lorient, le 10 mars 1874.