Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/214

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On construisit un grand bûcher, au milieu de la plaine ; on y mit le feu et le diable fut jeté dans le brasier. Comme il était habitué au feu, il n’y mourait pas, mais, il poussait des cris, qui effrayaient tout ce qui vivait à plusieurs lieues à la ronde, et il essayait de s’échapper. Mais, les animaux faisaient cercle autour du bûcher, et l’y repoussaient. Voyant cela, il dit à Malo que, s’il voulait le laisser partir, il renoncerait à tout droit sur la princesse. Comme on ne pouvait venir à bout de lui, d’aucune manière, Malo y consentit, mais, à la condition qu’il signerait sa renonciation avec son sang. Il signa, et on le laissa partir, alors.

Et voilà pourquoi il vit encore, et fait tant de mal sur la terre. Si on avait pu en venir à bout, quand on le tenait, le pauvre monde serait, sans doute, plus heureux qu’il ne l’est.

Malo se maria alors à la princesse, et il y eut, à cette occasion, des fêtes magnifiques, des jeux et des festins, pendant quinze jours.


Conté par Jeanne Ewen, de Louargat
(Côtes-du-Nord). — 1869.