Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/450

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


un criminel, qui a tué cette femme pour la voler et qui veut, à présent, contrefaire le fou. Voyez le cou de la femme morte ! Elle a été saignée, comme un pourceau... Il faut le dénoncer à la justice.

On alla prévenir les gendarmes et le procureur fiscal. A la tournure que prenait l’affaire, le Moine vit clairement que ce qu’il avait de mieux à faire, c’était de décamper, au plus vite. Il monta donc sur son cheval, avec sa mère devant lui sur la selle, et partit au galop. Deux gendarmes à cheval se mirent à sa poursuite. En montant une côte, ils l’aperçurent, à quelque distance devant eux. Le Moine regardait souvent derrière soi, et, voyant venir les gendarmes, il jeta sa mère à bas, sur la route, pour aller plus vite. Les gendarmes l’atteignirent, pourtant, et le ramenèrent à Pontrieux, où il fut mis en prison, puis jugé et condamné à être pendu et brûlé, et ses cendres jetées au vent.

Alors, le petit Moine devint le grand Moine (l’abbé) de l’abbaye de Bégard.


Conté par une servante d’auberge,
à Bégard, en 1868.