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[1894] M. DU MAINE VISITE MM. DU PARLEMENT. 109
ce fut le seul de tous les pairs qui commit cette bassesse , pas un ne dit un mot au roi ni à M. du Maine, pas un ne fut chez ce dernier ni devant ni après la cérémonie. Voici la lettre circulaire de l'archevêque aux pairs :
a Monsieur,
•t Le roi m'a ordonné de vous avertir que M. le duc du Maine sera reçu au parlement le 8 de ce mois de mai , en qualité de comte-pair d'Eu, et qu'il prendra sa place au-dessous de MM. les princes du sang, et au-dessus de MM. les pairs. Sa Majesté vous prie de vous^^y trouver, et m'a chargé de vous assurer que cela lui fera plaisir et qu'elle vous en saura bon gré.
« Je suis, etc. »
Les présidents à mortier, et les présidents et doyens des conseillers de chaque chambre furent avertis de se trouver chez eux le 5 mai , et i peu près de l'heure , pour recevoir la sollicitation de M. du Maine. Ce jour-là arrivé de Versailles à l'hôtel de Condé, il y monta dans le car- rosse de M. le Duc avec M. le prince de Conti, tous deux au derrière et lui au devant avec M. le comte de Toulouse qui étoit compris dans la même déclaration comme duc de Damville, mais qui ne fut pas reçu en même temps. Ce carrosse étoit fort chargé de pages et environné de laquais à pied. Suivoient les carrosses de M. le Duc et de M. le prince de Conti , de M. du Maine et de M. le comte de Toulouse, dans lesquels étoient les principaux de leur maison, avec force livrée, chacun un seul carrosse, excepté M. le Duc qui, outre celui dans lequel il étoit, en avoit un autre rempli des principaux de chez lui. Ils firent ainsi leur sollicitations deux jours de suite, et allèrent de même au parlement, la jour de l'enregistrement des lettres patentes et de la réception de M. du Maine, mais sans M. le comte de Toulouse. Elle se fît suivant ce qui a été dit plus haut de la déclaration, et, au sortir de la cérémonie, ils furent dîner avec les pairs chez le premier président.
Aucun des pairs n'osa manquer à s'y trouver de ceux qui étoient à Paris. Le bonhomme La Force s'enfuit à sa maison de la Boulaie, proche d'Ëvreux , et le duc de Rohan écrivit au roi que sa prétention , de la première érection de Rohan, pour son grand -père maternel, l'empêchoit d'obéir, en cette occasion, à ses ordres. L'excuse étoit mal trouvée; c'étoit pour la première fois qu'il manifestoit cette bizarres prétention; il n'en a jamais parlé depuis, et il étoit un des plus ar- dents opposants avec nous à celle de M. de Luxembourg. MM. d'El- bœuf et de Vendôme n'étoient pas reçus, ni moi non plus. Dieu merci. M. de Chevreuse fut celui à qui le roi fit son remercîment pour tous les pairs, de s'être trouvés à la cérémonie pour lesquels il lui fit force belles promesses générales , monnoie dont aucun ne se paya ni n'espéra rien de mieux avec trop de raison.
M. de Vendôme fut tôt après reçu avec les mêmes distinctions que l'avoit été M. du Maine , qui le mena sans cortège faire ses sollicitations à tout le parlement, mais sans avertir. Ils furent chez tous les pairs; le roi ne leur fit rien dire; trois ou quatre misérables seulement >e trou-
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