Page:Malherbe - Chefs d'oeuvre lyriques, 1909.djvu/99

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FRANÇOIS DE MALHERBE

Luire un émail dont la vive peinture Défend a Tart d'imiter la nature.

L'air est plein d'une haleine de roses, Tous les vents tiennent leurs bouches closes,

Et le soleil semble sortir de l'onde

Pour quelque amour plus que pour luire au monde.

On dirait, à lui voir sur la tête

Ses rayons comme un chapeau de fête,

Qu'il s'en va suivre en si belle journée

Encore un coup la fille de Pénée.

Toute chose aux délices conspire, Mettez-vous en votre humeur de rire ; Les soins profonds d'où les rides nous viennent A d'autres ans qu'aux vôtres appartiennent.

Il fait chaud, mais un feuillage sombre Loin du bruit nous fournira quelque ombre, Où nous ferons, parmi les violettes, Mépris de l'ambre et de ses cassolettes.

Près de nous, sur les branches voisines Des genêts, des houx et des épines, Le rossignol, déjiloyant ses merveilles. Jusqu'aux rochers donnera des oreilles.

Et peut-être, à travers les fougères. Verrons-nous de bergers à bergères. Sein contre sein tw bouche contre bouche. Naître et finir quelque douce escarmouche.

C'est chez eux qu'Amour est à son aise ;

Il y saute, il y danse, il y baise. Et foule aux pieds les contraintes serviles De tant de lois qui le gênent aux villes.

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