Page:Marivaux - Théâtre, vol. I.djvu/179
FLAMINIA, d’un air indifférent.
Eh ! nous ne différons que du oui et du non, ce n’est qu’une bagatelle. Pour moi, j’ai résolu qu’ils se voient librement : sur la liste des mauvais tours que je veux jouer à leur amour, c’est ce tour-là que j’ai mis à la tête.
LE PRINCE
Faites donc à votre fantaisie.
FLAMINIA
Retirons-nous, voici Arlequin qui vient.
[modifier] Scène IX
ARLEQUIN, TRIVELIN et une suite de valets.
ARLEQUIN
Par parenthèse, dites-moi une chose : il y a une heure que je rêve à quoi servent ces grands drôles bariolés qui nous accompagnent partout. Ces gens-là sont bien curieux !
TRIVELIN
Le Prince, qui vous aime, commence par là à vous donner des témoignages de sa bienveillance ; il veut que ces gens-là vous suivent pour vous faire honneur.
ARLEQUIN
Oh ! oh ! c’est donc une marque d’honneur ?
TRIVELIN
Oui sans doute.
ARLEQUIN
Et dites-moi, ces gens-là qui me suivent, qui est-ce qui les suit, eux ?