Page:Marivaux - Théâtre, vol. I.djvu/258

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[modifier] Scène X et dernière

ARLEQUIN, FLAMINIA, SILVIA, LE PRINCE.


ARLEQUIN

J’ai tout entendu, Silvia.

SILVIA

Eh bien ! Arlequin, je n’aurai donc pas la peine de vous le dire ; consolez-vous comme vous pourrez de vous-même ; le Prince vous parlera, j’ai le cœur tout entrepris : voyez, accommodez-vous, il n’y a plus de raison à moi, c’est la vérité. Qu’est-ce que vous me diriez ? que je vous quitte. Qu’est-ce que je vous répondrais ? que je le sais bien. Prenez que vous l’avez dit, prenez que j’ai répondu, laissez-moi après, et voilà qui sera fini.

LE PRINCE

Flaminia, c’est à vous que je remets Arlequin ; je l’estime et je vais le combler de biens. Toi, Arlequin, accepte de ma main Flaminia pour épouse, et sois pour jamais assuré de la bienveillance de ton Prince. Belle Silvia, souffrez que des fêtes qui vous sont préparées annoncent ma joie à des sujets dont vous allez être la souveraine.

ARLEQUIN

À présent, je me moque du tour que notre amitié nous a joué ; patience, tantôt nous lui en jouerons d’un autre.

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