Page:Marivaux - Théâtre, vol. I.djvu/27

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SILVIA

Voyez quelle différence ; et moi, plus je vous vois et moins je vous aime. N’importe, allez, allez, cela viendra peut-être, mais ne me gênez point. Par exemple, à présent, je vous haïrais si vous restiez ici.

LE BERGER

Je me retirerai donc, puisque c’est vous plaire, mais pour me consoler, donnez-moi votre main, que je la baise.

SILVIA

Oh non ! On dit que c’est une faveur, et qu’il n’est pas honnête d’en faire, et cela est vrai, car je sais bien que les bergères se cachent de cela.

LE BERGER

Personne ne nous voit.

SILVIA

Oui ; mais puisque c’est une faute, je ne veux point la faire qu’elle ne me donne du plaisir comme aux autres.

LE BERGER

Adieu donc, belle Silvia, songez quelquefois à moi.

SILVIA

Oui, oui.


[modifier] Scène V

SILVIA, ARLEQUIN, mais il ne vient qu’un moment après que Silvia a été seule.


SILVIA

Que ce berger me déplaît avec son amour ! Toutes les fois qu’il me parle, je suis toute de mé

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