Page:Marivaux - Théâtre, vol. I.djvu/33

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LA FÉE

Oh ! J’ai bien d’autres choses en tête, qu’à m’amuser à consulter ma conscience sur une bagatelle.

TRIVELIN, à part.

Voilà ce qui s’appelle un cœur de femme complet.

LA FÉE

Je m’ennuie de ne point voir Arlequin ; je vais le chercher ; mais le voilà qui vient à nous : qu’en dis-tu, Trivelin ? Il me semble qu’il se tient mieux qu’à l’ordinaire ?


[modifier] Scène VII

LA FÉE, TRIVELIN, ARLEQUIN


Arlequin arrive tenant en main le mouchoir de Silvia qu’il regarde, et dont il se frotte tout doucement le visage.

LA FÉE, continuant de parler à Trivelin.

Je suis curieuse de voir ce qu’il fera tout seul, mets-toi à côté de moi, je vais tourner mon anneau qui nous rendra invisibles.

Arlequin arrive au bord du théâtre, et il saute en tenant le mouchoir de Silvia, il le met dans son sein, il se couche et se roule dessus; et tout cela gaiement.

LA FÉE, à Trivelin.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela me paraît singulier. Où a-t-il pris ce mouchoir ? Ne serait-ce pas un des miens qu’il aurait trouvé ? Ah! si cela était, Trivelin, toutes ces postures-là seraient peut-être de bon augure.

TRIVELIN

Je gagerais moi que c’est un linge qui sent le musc.

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