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Arlequin. Pardi oui, la pauvre enfant, j’ai trouvé son cœur plus doux qu’un agneau, il n’a pas soufflé. Quand je lui ai dit que je m’appelais Arlequin, et que j’avais un habit d’ordonnance : Eh bien mon ami, m’a-t-elle dit, chacun a son nom dans la vie, chacun a son habit, le vôtre ne vous coûte rien, cela ne laisse pas que d’être gracieux.
Dorante. Quelle sotte histoire me contes-tu là ?
Arlequin. Tant y a que je vais la demander en mariage.
Dorante. Comment, elle consent à t’épouser ?
Arlequin. La voilà bien malade.
Dorante. Tu m’en imposes, elle ne sait pas qui tu es.
Arlequin. Par la ventrebleu, voulez-vous gager que je l’épouse avec la casaque sur le corps, avec une souguenille, si vous me fâchez ? Je veux bien que vous sachiez qu’un amour de ma façon, n’est point sujet à la casse, que je n’ai pas besoin de votre friperie pour pousser ma pointe, et que vous n’avez qu’à me rendre la mienne.
Dorante. Tu es un fourbe, cela n’est pas concevable, et je vois bien qu’il faudra que j’avertisse Monsieur Orgon.
Arlequin. Qui ? Notre père, ah, le bon homme, nous l’avons dans notre manche ; c’est le meilleur