Page:Marivaux - Théâtre, vol. I.djvu/459

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ANGÉLIQUE

Oh ! dame, c’est encore ma mère qui en est cause. Mais est-ce que je pourrai le voir ? Tu me parles de lui et de sa lettre, et je ne vois ni l’un ni l’autre.

[modifier] Scène VII

LISETTE, ANGÉLIQUE, FRONTIN, ÉRASTE


LISETTE, à Angélique.

Tenez, voici ce domestique que Frontin nous amène.

ANGÉLIQUE

Frontin ne dira-t-il rien à ma mère ?

LISETTE

Ne craignez rien, il est dans vos intérêts, et ce domestique passe pour son parent.

FRONTIN, tenant une lettre.

Le valet de Monsieur Éraste vous apporte une lettre que voici, Madame.


ANGÉLIQUE, gravement.

Donnez. (À Lisette.) Suis-je assez sérieuse ?

LISETTE

Fort bien.

ANGÉLIQUE lit.

Que viens-je d’apprendre ! on dit que vous vous mariez ce soir. Si vous concluez sans me permettre de vous voir, je ne me soucie plus de la vie. (Et en s’interrompant.) Il ne se soucie plus de la vie, Lisette ! (Elle achève de lire.) Adieu ; j’attends votre réponse, et je me meurs. (Après qu’elle a lu.) Cette lettre-là me pénètre ; il n’y a point de modération qui tienne, Lisette ; il faut que je

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