Page:Marivaux - Théâtre, vol. I.djvu/46

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ARLEQUIN, en se mettant la main sur la poitrine ou sur son cœur.

Tic, tac, tic, tac, ouf voilà des paroles qui me rendent malade. (Et puis vite.) Allons, allons, je veux savoir cela ; car si elle me trompe, jarni, je vous caresserai, je vous épouserai devant ses deux yeux pour la punir.

LA FÉE

Eh bien ! je vais donc l’envoyer chercher.

ARLEQUIN, encore ému.

Oui ; mais vous êtes bien fine, si vous êtes là quand elle me parlera, vous lui ferez la grimace, elle vous craindra, et elle n’osera me dire rondement sa pensée.

LA FÉE

Je me retirerai.

ARLEQUIN

La peste ! vous êtes une sorcière, vous nous jouerez un tour comme tantôt, et elle s’en doutera : vous êtes au milieu du monde, et on ne voit rien. Oh ! je ne veux point que vous trichiez ; faites un serment que vous n’y serez pas en cachette.

LA FÉE

Je te le jure, foi de fée.

ARLEQUIN

Je ne sais point si ce juron-là est bon ; mais je me souviens à cette heure, quand on me lisait des histoires, d’avoir vu qu’on jurait par le six, le tix, oui, le Styx.

LA FÉE

C’est la même chose.

ARLEQUIN

N’importe, jurez toujours ; dame, puisque vous craignez, c’est que c’est le meilleur.

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