Page:Marivaux - Théâtre, vol. I.djvu/49

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


échappe le moindre mot qui lui fasse deviner que je vous aie forcée à lui parler comme je le veux, tout est prêt pour votre supplice.

SILVIA

Moi, lui dire que j’ai voulu me moquer de lui ? Cela est-il raisonnable ? Il se mettra à pleurer, et je me mettrai à pleurer aussi : vous savez bien que cela est immanquable.

LA FÉE , en colère.

Vous osez me résister ! Paraissez, esprits infernaux, enchaînez-la, et n’oubliez rien pour la tourmenter.

Des esprit entrent.

SILVIA, pleurant, dit.

N’avez-vous pas de conscience de me demander une chose impossible ?

LA FÉE , aux esprits.

Ce n’est pas tout; allez prendre l’ingrat qu’elle aime, et donnez-lui la mort à ses yeux.

SILVIA, avec exclamation.

La mort ! Ah! Madame la Fée, vous n’avez qu’à le faire venir ; je m’en vais lui dire que je le hais, et je vous promets de ne point pleurer du tout ; je l’aime trop pour cela.

LA FÉE

Si vous versez une larme, si vous ne paraissez tranquille, il est perdu, et vous aussi. (Aux esprits.) Ôtez-lui ses fers. (À Silvia.) Quand vous lui aurez parlé, je vous ferai reconduire chez vous, si j’ai lieu d’être contente : il va venir, attendez ici. (La Fée sort et les diables aussi.)

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils