Page:Marivaux - Théâtre, vol. I.djvu/50

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[modifier] Scène XVIII

SILVIA, ARLEQUIN, TRIVELIN


SILVIA, un moment seule.

Achevons vite de pleurer, afin que mon amant ne croie pas que je l’aime, le pauvre enfant, ce serait le tuer moi-même. Ah ! maudite fée ! Mais essuyons mes yeux, le voilà qui vient.

Arlequin entre alors triste et la tête penchée, il ne dit mot jusqu’auprès de Silvia, il se présente à elle, la regarde un moment sans parler ; et après, Trivelin invisible entre.

ARLEQUIN

Mon amie !

SILVIA, d’un air libre.

Eh bien ?

ARLEQUIN

Regardez-moi.

SILVIA, embarrassée.

À quoi sert tout cela ? On m’a fait venir ici pour vous parler ; j’ai hâte, qu’est-ce que vous voulez ?

ARLEQUIN, tendrement.

Est-ce vrai que vous m’avez fourbé ?

SILVIA

Oui, tout ce que j’ai fait, ce n’était que pour me donner du plaisir.

ARLEQUIN s’approche d’elle tendrement et lui dit.

Mon amie, dites franchement, cette coquine de fée n’est point ici, car elle en a juré. (Et puis en flattant Silvia.) Là, là, remettez-vous, mon petit cœur : dites, êtes-vous une perfide ? Allez-vous être la femme d’un vilain berger ?

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