Page:Marivaux - Théâtre, vol. II.djvu/89

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PHÉNICE.

À merveille.

FRONTIN.

Et comme le cœur de l’homme est variable, il se trouve aujourd’hui que leur cœur et leur convention ne riment pas ensemble, et qu’on est fort embarrassé de savoir ce qu’on fera de vous : vous entendez bien ? car la discrétion ne veut pas que j’en dise davantage.

PHÉNICE.

En voilà bien assez : je suis au fait, et de peur d’être ingrate, je te confie à mon tour que ta discrétion mériterait le châtiment du bâton.

FRONTIN.

Sur ce pied-là, gardez-moi le secret ; je vois mon maître, et je vais lui dire d’approcher.


SCÈNE IV
PHÉNICE, DAMIS.


PHÉNICE, un moment seule.

Je leur servais donc de prétexte ! Oh ! je prétends m’en venger, ils le méritent bien ; mais puisqu’ils s’aiment, je veux que ma conduite, en les inquiétant, les force de s’accorder. Eh bien ! monsieur, que me voulez-vous ?

DAMIS.

Je crois que vous le savez, madame.

PHÉNICE.

Moi ! non, je n’en sais rien.

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