Page:Marivaux - Théâtre, vol. II.djvu/99

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


SCÈNE VIII
LISETTE, LUCILE, PHÉNICE.


LISETTE.

De quoi s’agit-il, madame ?

LUCILE.

Je ne l’ai point préparée, comme vous voyez. Ah ça ! Lisette, dites sans façon ce que vous pensez : nous parlons de Damis ; croyez-vous qu’il aime ma sœur ?

LISETTE.

Non, certes, je ne le crois pas ; car je sais le contraire, et vous aussi, madame.

LUCILE, à Phénice.

Entendez-vous ?

LISETTE.

Il se désolait tantôt du mariage en question.

LUCILE, à Phénice.

Voilà qui est net.

LISETTE.

Et si j’avais quelque pouvoir ici, il n’épouserait point madame.

LUCILE.

Eh bien ! ai-je tort de trembler pour vous ?

LISETTE.

Pour dire la vérité, il n’aime ici que ma maîtresse.

PHÉNICE.

Qui ne l’aime pas, apparemment.