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VÉNUS RUSTIQUE.

Leurs cœurs, pour la S(’(l 11 iro, iiiv(Mitai(’nt mainte fi"aucl(
Les uns, la nuil venue, allaient à la maraude,
Sautant li^s murs, volant iW<> fruits clans les jardins,
Et ne redoutant rien, f^ardes, chiens ou gourdins.
D’autres, pour lui trouver de mignonnes fauvettes,
Des merles au bec jaune, ou des chardonnerets,
Grimpaient de branche en branche au sommetdes forets.
Quelquefois on allait à la pêche aux crevettes.
Elle, la jambe nue et poussant son filet.
Cueillait la bète alerte avec un coup rapide ;
Eux regardaient trembler, à travers l’eau limpide,
Les contours incertains de son petit mollet.
Puis, lorsqu’on retournait, le soir, vers le village,
Ils s’arrêtaient parfois au milieu de la plage.
Et se pressant contre elle, émus, tremblant beaucoup,
La mangeaient de baisers en lui serrant le cou ;
Tandis que grave et fière, et sans trouble, et sans crainte,
Muette, elle tendait la joue à leur étreinte.