Page:Maupassant - Fort comme la mort, OC, Conard, 1908.djvu/370

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée
360
FORT COMME LA MORT.

miers pansements, indiquait par des signes de tête qu’elle avait également compris. Quand la comtesse eut récité comme une leçon toutes ces instructions, elle pressa les deux hommes de s’en aller en répétant à son mari :

— Revenez vite, surtout, revenez vite.

— Je vous emmène dans mon coupé, disait le docteur au comte. Il vous ramènera plus rapidement. Vous serez ici dans une heure.

Avant de partir, le médecin examina de nouveau longuement le blessé, afin de s’assurer que son état demeurait satisfaisant.

Guilleroy hésitait encore. Il disait :

— Vous ne trouvez pas imprudent ce que nous faisons là ?

— Non. Il n’y a pas de danger. Il n’a besoin que de repos et de calme. M me de Guilleroy voudra bien ne pas le laisser parler et lui parler le moins possible.

La comtesse fut atterrée et reprit :

— Alors il ne faut pas lui parler ?

— Oh ! non, Madame. Prenez un fauteuil et demeurez près de lui. Il ne se sentira pas seul et s’en trouvera bien ; mais pas de fatigue, pas de fatigue de parole ou même de pensée. Je serai ici vers neuf heures du matin. Adieu, Madame, je vous présente tous mes respects.