Page:Maupassant - Le Rosier de Madame Husson.djvu/60

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


menée de garnison en garnison, à travers un tas de petites villes tristes, si tristes ! Maintenant, il l’appelait dans cette île qui devait être lugubre. Non, la vie n’était pas amusante pour tout le monde. Elle aurait encore préféré demeurer chez ses parents, à Lyon, car elle connaissait tout le monde à Lyon. Mais il lui fallait aller en Corse maintenant. Le ministre, vraiment, n’était pas aimable pour son mari, qui avait pourtant de très beaux états de services.

Et nous parlâmes des résidences qu’elle eût préférées. Je demandai :

– Aimez-vous Paris ?

Elle s’écria :

– Oh ! monsieur, si j’aime Paris ! Est-il possible de faire une pareille question ? Et elle se mit à me parler de Paris avec une telle ardeur, un tel enthousiasme, une telle frénésie de convoitise que je pensai : « Voilà la corde dont il faut jouer ».

Elle adorait Paris, de loin, avec une rage de