Page:Maupassant - Le Rosier de Madame Husson.djvu/68

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je reçus d’abord cinq ou six gifles épouvantables, puis une grêle de coups de poing qui m’arrivaient, pointus et durs, tapant partout, sans que je puisse les parer dans l’obscurité profonde qui enveloppait cette lutte.

J’étendais les mains, cherchant, mais en vain, à saisir ses bras. Puis, ne sachant plus que faire, je me retournai brusquement, ne présentant plus à son attaque furieuse que mon dos, et cachant ma tête dans l’encoignure des panneaux.

Elle parut comprendre, au son des coups peut-être, cette manœuvre de désespéré, et elle cessa brusquement de me frapper.

Au bout de quelques secondes elle regagna son coin et se mit à pleurer par grands sanglots éperdus qui durèrent une heure au moins.

Je m’étais rassis, fort inquiet et très honteux. J’aurais voulu parler, mais que lui dire ? Je ne trouvais rien ! M’excuser ? C’était stupide ! Qu’est-ce que vous auriez dit, vous ! Rien non plus, allez.