Page:Maurice Joly - Les Affames - E Dentu Editeur - 1876.djvu/47

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attention tous les mouvements de Georges Raymond. Ils ne l'avaient pas quitté des yeux depuis son arrivée et échangeaient de temps en temps quelques mots à voix basse.

― Doubledent doit aller voir le jeune héritier après-demain, dit Ecoiffier ; mais il y a cent à parier contre un que l'enfant ne saura pas garder un secret et qu'il en parlera à son ami l'avocat. En tout cas, j'ai prévenu Doubledent de leur intimité.

― Il sera peut-être nécessaire de les brouiller, répondit Lecardonnel sur le même ton.

― J'y ai déjà songé.

― Voilà l'abbé qui complote un report et Lecardonnel un prêt à dix du cent avec des crocodiles empaillés, fit Marius Simon.

― Respect à Lecardonnel, messieurs ! Il m'a escompté une lettre de change à quatre-vingt-dix jours sur papa Gaupin, et sa tête me sera sacrée jusqu'à l'échéance.

― Et si papa Gaupin ne paie pas, on prendra jugement et on te coffrera.

― D'abord, on ne coffre plus, dit Oudaille à qui Lecardonnel envoyait ses affaires contentieuses et qui n'aimait pas qu'on mît son correspondant sur la sellette.

― M. Gaupin père payera, dit Lecardonnel. L'effet est causé valeur en frais d'examens, et ce n'est pas ma faute si M. Gaupin fils passe ses examens avec Mme Bouton-de-Rose au lieu de les passer à la Faculté.

― Bien dit, vieux Lascar ! Cent écus et tu as mon estime.

Tout à coup la porte s'ouvrit brusquement :

― Qui est-ce qui parle de Bouton-de-Rose ici ? dit en entrant d'un petit air dévergondé Bouton-de-Rose