Page:Maurice Joly - Les Affames - E Dentu Editeur - 1876.djvu/56

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VI

une étrange confidence.



Quand les deux jeunes gens furent installés dans un cabinet particulier, Hector commanda le dîner avec une autorité nonchalante et une précision que Georges ne put s'empêcher d'admirer ; mais il n'avait pas d'appétit et ne put toucher à rien. Quand on fut au café, Hector, se renversant sur un canapé et lançant au plafond la fumée de son cigare, dit à Georges :

― Mon cher, je suis dans un pétrin épouvantable, et il n'y a plus qu'un mariage riche qui puisse m'en tirer ; et ce mariage, j'y touche presque du doigt : Quatre millions de dot et une jeune fille d'une incomparable beauté !

― Il n'y a que toi, vraiment, pour avoir de ces chances-là, dit Georges qui pensait de nouveau à la belle jeune fille qu'il avait rencontrée quelques heures auparavant à Notre-Dame.

― Oh ! attends, je suis bien loin de compte encore. Le premier point était de se faire aimer ; je crois que j'y suis arrivé. Mais une jeune fille de dix-huit ans vous aime, tant qu'elle n'a pas rencontré dans le monde un