Page:Maurice Joly - Les Affames - E Dentu Editeur - 1876.djvu/80

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XI

la réapparition.



Georges Raymond était resté pensif. Il réfléchissait que son horizon judiciaire commençait à se colorer depuis quelques jours. L'aventure d'Hector d'Havrecourt, celle d'Elmerich, qui tous deux étaient venus lui demander conseil, lui ouvraient des perspectives jusqu'alors inconnues.

― Aurai-je donc, enfin, quelque grosse affaire ? Mon heure serait-elle sur le point de sonner ? Aim, dit-il à Elmerich avec une confiance qui repoussait avec vivacité dans son âme au moindre souffle de la fortune, j'attendrai de pied ferme le prétendu bienfaiteur dont tu as reçu la visite. C'est peut-être quelque agent d'affaires qui ne t'a dit que ce qu'il a voulu ; mais je le verrai venir et je ne te laisserai pas duper, je l'espère.

― Oh ! mon cher Georges, s'écria Elmerich en laissant enfin éclater sa joie avec une ingénuité d'expression charmante, quel bonheur si nous pouvions avoir seulement une centaine de mille francs. Comme ta position au barreau changerait, et moi je pourrais, enfin, faire jouer mon opéra !