Page:Maurice Joly - Les Affames - E Dentu Editeur - 1876.djvu/98

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XIV

la souricière.



― Prête-moi donc cinq louis, dit d'Havrecourt au marquis. Je viens de me faire dévaliser au cercle de la rue de Choiseul, et j'ai eu l'insanité de monter dans ce bouge avec le dernier louis qui me restait.

― Mais alors il va vous gêner, dit du Clocher avec son plus gracieux sourire, et si vous pouviez me faire l'amitié de me le prêter, cela ne me serait pas désagréable.

― Voilà ! dit d'Havrecourt en lui mettant sans plus de façon le louis dans la main pendant qu'il en recevait cinq en espèces ou en jetons des mains du marquis.

Pendant que cet échange de bons procédés, fort usité parmi les joueurs, se passait dans un coin de la salle, deux individus, qui faisaient semblant de s'intéresser à une partie de bouillotte, jetaient de temps en temps les yeux de leur côté.

― C'est bien lui ! dit l'un de ces individus qui n'était autre qu'Ecoiffier, en montrant le vicomte d'Havrecourt.