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UNE MAISON MYSTÉRIEUSE

démantelée ; elle se releva toujours avec une nouvelle vigueur. Une des époques où la ville souffrit davantage fut l’année 1400, lorsque Tamerlan permit à ses hordes féroces de piller Damas pendant dix jours. Les rues se remplirent de sang et de carnage ; les flammes dévorèrent ce que l’ennemi ne put emporter.

Sous le règne des Osmanlis, Damas perdit successivement de son importance ; l’ancienne capitale fut traitée en ville de province et devint le siège d’un pacha. On sait que ce titre répond à celui d’un gouverneur ou d’un administrateur ; on n’ignore pas non plus comment la rapacité des fonctionnaires turcs ou arabes arrive à transformer en désert les plus belles provinces, à précipiter dans une ruine complète les plus florissantes, les plus riches cités.

Aujourd’hui le chiffre officiel de la population de Damas s’élève à deux cent mille habitants ; en réalité, il faut réduire ce total à cent cinquante mille.

Les chrétiens sont au nombre de trente mille et même davantage. La population juive varie entre cinq mille et trois mille. Quant aux musulmans, qui forment la majorité, ils sont renommés pour leur fanatisme, lequel surpasse même celui des Arabes de la Mecque. Le temps n’est pas encore éloigné où les chrétiens ne pouvaient monter ni chevaux, ni mulets, ni chameaux. Ils allaient à pied ou sur un âne quand ils voulaient voyager.

Ce fanatisme amenait facilement des rixes sanglantes des attaques à main armée. On se souvient qu’en 1860 mille chrétiens au moins furent égorgés dans les rues de Damas et aux environs. Les terribles préludes de ces massacres commencèrent simultanément à Hasbeya, sur le versant ouest de l’Her-