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- GARDEFEU.
Et qu’est-ce que tu viens faire ici ?…
- JOSEPH.
Je ne suis plus domestique, monsieur, je suis guide.
- GARDEFEU.
Guide !… mais tu n’as pas l’uniforme…
- JOSEPH.
Il ne s’agit pas du régiment, monsieur, je suis guide… cicerone… attaché au Grand-Hôtel… c’est moi qui suis chargé de promener les étrangers dans Paris et de leur détailler les beautés de la capitale.
- GARDEFEU.
Et tu attends des voyageurs…
- JOSEPH.
Oui, monsieur… j’attends un baron suédois, qui doit arriver par le premier train… un baron suédois accompagné de sa femme.
- GARDEFEU.
Une baronne suédoise !
- JOSEPH.
Naturellement.
- GARDEFEU.
Une baronne suédoise, mais c’est une femme du monde.
- JOSEPH.
J’aime à le croire, monsieur.
- GARDEFEU.
C’est le ciel qui me l’envoie !… Joseph…
- JOSEPH.
Monsieur…
- GARDEFEU.
Ce baron et cette baronne, ils ne te connaissent pas…
- JOSEPH.
Pas du tout ; ils ont envoyé une dépêche à l’hôtel, et c’est moi que l’on a chargé…
- GARDEFEU.
Rien ne s’opposerait alors à ce que je prisse ta place…
- JOSEPH.
Rien du tout, si j’y consentais…