Page:Meilhac et Halévy - La Vie parisienne, 1866.djvu/79
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- PAULINE, petit coup dans l’estomac.
Ah ! non !
- LE BARON.
Ah ! si !
- PAULINE, nouveau petit coup dans l’estomac.
Je vous dis que je ne l’ai pas dit…
- LE BARON, lui donnant une tape sur l’épaule
Je vous dis que vous l’avez dit.
- PAULINE, avec une tristesse mêlée de fierté
Ah ! voilà que vous me méprisez déjà !
- LE BARON, confus.
Madame…
- PAULINE, gaiement.
On m’appelle Pauline.
- LE BARON.
Pauline…
- PAULINE, à part, le regardant.
Voilà un homme qui n’a pas envie de s’en aller.
- LE BARON, à part.
Comme j’ai bien fait de ne pas amener la baronne… (Haut.) Ah ! pourquoi suis-je marié !
- PAULINE.
Puisque je le suis aussi, moi.
- LE BARON.
C’est juste ! j’ai dit une bêtise…
- PAULINE.
Non… ce n’est pas là l’obstacle.
- LE BARON.
L’obstacle !
- PAULINE.
C’est que je me méfie…
- LE BARON.
Ah !
- PAULINE.
Vous êtes là près de moi, vous me regardez, je vous regarde. Eh bien ! là, voulez-vous que je vous dise ? vous ne me faites pas l’effet d’un homme qui sait ce que c’est que l’amour.