Page:Meilhac et Halévy - Théâtre, VII.djvu/409

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JOSÉ.

Ma mère…


DUO

JOSÉ.
Eh bien, parle… ma mère ?…

MICAËLA.
J’apporte de sa part, fidèle messagère,
Cette lettre.

JOSÉ, regardant la lettre.
Cette lettre. Une lettre ?…

MICAËLA.
Cette lettre. Une lettre ?… Et puis un peu d’argent.
Elle lui remet une petite bourse.
Pour ajouter à votre traitement,
Et puis…

JOSÉ.
Et puis… Et puis ?

MICAËLA.
Et puis… Et puis ? Et puis ?… Vraiment, je n’ose…
Et puis… encore une autre chose,
Qui vaut mieux que l’argent, et qui, pour un bon fils,
Aura sans doute plus de prix.

JOSÉ.
Cette autre chose, quelle est-elle ?
Parle donc !

MICAËLA.
Parle donc ! Oui, je parlerai ;
Ce que l’on m’a donné, je vous le donnerai…
Votre mère avec moi sortait de la chapelle,
Et c’est alors qu’en m’embrassant :
« Tu vas, m’a-t-elle dit, t’en aller à la ville ;
La route n’est pas longue ; une fois à Séville,
Tu chercheras mon fils, mon José, mon enfant…
Et tu lui diras que sa mère
Songe, nuit et jour, à l’absent…
Qu’elle regrette et qu’elle espère,
Qu’elle pardonne et qu’elle attend…