Page:Molière - Édition Louandre, 1910, tome 2.djvu/197

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Alceste
Autre part que chez moi cherchez qui vous encense.



Oronte
Mais, mon petit monsieur, prenez-le un peu moins haut[1].



Alceste
Ma foi, mon grand monsieur, je le prends comme il faut.



Philinte, se mettant entre deux.
435Hé ! messieurs, c’en est trop. Laissez cela, de grâce.



Oronte
Ah ! j’ai tort, je l’avoue, et je quitte la place.

Je suis votre valet, monsieur, de tout mon cœur.


Alceste
Et moi, je suis, monsieur, votre humble serviteur[2].



Scène 3

Philinte, Alceste.




Philinte
Hé bien ! vous le voyez. Pour être trop sincère,

440Vous voilà sur les bras une fâcheuse affaire ;
Et j’ai bien vu qu’Oronte, afin d’être flatté…


Alceste
Ne me parlez pas.



Philinte
Ne me parlez pas. Mais…



Alceste
Ne me parlez pas. Mais… Plus de société.



Philinte
C’est trop…



Alceste
C’est trop… Laissez-moi là.



Philinte
C’est trop… Laissez-moi là. Si je…



Alceste
C’est trop… Laissez-moi là. Si je… Point de langage.



Philinte
Mais quoi !…



Alceste
Mais quoi… Je n’entends rien.
  1. Prononcer prenez l’un peu moins haut.
  2. Nous remarquerons, à propos de cette scène, que Molière est le premier de nos écrivains dramatiques qui ait transporté sur le théâtre la critique littéraire. Il continue ici la tâche qu’il a entreprise dans les Précieuses et les Femmes Savantes.