Page:Molière - Édition Louandre, 1910, tome 2.djvu/204

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Scène 4

Éliante, Philinte, Acaste, Clitandre, Alceste, Célimène, Basque.




Éliante, à Célimène.
Voici les deux marquis qui montent avec nous.

560Vous l’est-on venu dire ?


Célimène, à Basque.
Vous l’est-on venu dire ? Oui. Des sièges pour tous.

(Basque donne des sièges, et sort.)
(À Alceste.)
Vous n’êtes pas sorti ?


Alceste
Vous n’êtes pas sorti ? Non ; mais je veux, madame,

Ou pour eux, ou pour moi, faire expliquer votre âme.


Célimène
Taisez-vous.



Alceste
Taisez-vous Aujourd’hui vous vous expliquerez.



Célimène
Vous perdez le sens.



Alceste
Vous perdez le sens. Point. Vous vous déclarerez.



Célimène
565Ah !



Alceste
Ah ! Vous prendrez parti.



Célimène
Ah ! Vous prendrez parti. Vous vous moquez, je pense.



Alceste
Non. Mais vous choisirez : c’est trop de patience.



Clitandre
Parbleu ! je viens du Louvre, où Cléonte, au levé,

Madame, a bien paru ridicule achevé.
N’a-t-il point quelque ami qui pût, sur ses manières,
570D’un charitable avis lui prêter les lumières ?


Célimène
Dans le monde, à vrai dire, il se barbouille fort ;

Partout il porte un air qui saute aux yeux d’abord ;
Et, lorsqu’on le revoit après un peu d’absence,
On le retrouve encor plus plein d’extravagance.