Page:Molière - Édition Louandre, 1910, tome 2.djvu/215
La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.
Acaste
Je me flatte.Clitandre
Sur quoi fonder tes conjectures ?Acaste
Je m’aveugle.Clitandre
En as-tu des preuves qui soient sûres ?Acaste
Je m’abuse, te dis-je.Clitandre
Est-ce que de ses vœuxCélimène t’a fait quelques secrets aveux ?
Acaste
Non, je suis maltraité.Clitandre
Réponds-moi, je te prie.Acaste
Je n’ai que des rebuts.Clitandre
Laissons la raillerie,Et me dis quel espoir on peut t’avoir donné.
Acaste
Je suis le misérable, et toi le fortuné ;On a pour ma personne une aversion grande,
Et quelqu’un de ces jours il faut que je me pende.
Clitandre
Oh ! çà, veux-tu, marquis, pour ajuster nos vœux,Que nous tombions d’accord d’une chose tous deux ?
Que qui pourra montrer une marque certaine
D’avoir meilleure part au cœur de Célimène,
L’autre ici fera place au vainqueur prétendu,
Et le délivrera d’un rival assidu ?
Acaste
Ah ! parbleu ! tu me plais avec un tel langage,Et du bon de mon cœur à cela je m’engage.
Mais, chut.
Scène 2
Célimène
Encore, ici ?