Page:Molière - L’Avare 1669.djvu/119

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donner tout son bien par contrat de mariage, et je ne doute point qu’il ne prêtât l’oreille à la proposition, car enfin il vous aime fort, je le sais, mais il aime un peu plus l’argent ; et, quand, ébloui de ce leurre, il aurait une fois consenti à ce qui vous touche, il importerait peu ensuite qu’il se désabusât, en venant à vouloir voir clair aux effets de notre marquise.

Cléante
Tout cela est fort bien pensé.
Frosine
Laissez-moi faire. Je viens de me ressouvenir d’une de mes amies qui sera notre fait.
Cléante
Sois assurée, Frosine, de ma reconnaissance, si tu viens à bout de la chose. Mais, charmante Mariane, commençons, je vous prie, par gagner votre mère ; c’est toujours beaucoup faire que de rompre ce mariage. Faites-y de votre part, je vous en conjure, tous les efforts qu’il vous sera possible. Servez-vous de tout le pouvoir que vous donne sur elle cette amitié qu’elle a pour vous ; déployez sans réserve les grâces éloquentes, les charmes tout-puissants, que
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