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CE fut dans l'esprit de la république, ou dans quelques cas particuliers, qu'au milieu du treizieme siecle on fit en Arragon des loix somptuaires. Jacques I ordonna que le roi, ni aucun de ses sujets, ne pourroient manger plus de deux sortes de viandes à chaque repas, & que chacune ne seroit préparée que d'une seule maniere ; à moins que ce ne fût du gibier qu'on eût tué soi-même ([1]).
On a fait aussi, de nos jours, en Suede, des loix somptuaires ; mais elles ont un objet différent de celles d'Arragon.
Un état peut faire des loix somptuaites dans l'objet d'une frugalité absolue : c'est l'esprit des loix somptuaires des républiques ; & la nature de la chose fait voir que ce fut l'objet de celles d'Arragon.
Les loix somptuaires peuvent avoir aussi pour objet une frugalité relative ; lorsqu'un état, sentant que des marchandises étrangeres d'un trop haut prix demanderoient une telle exportation des siennes, qu'il le priveroit plus de ses besoins par celles-ci, qu'il n'en satisferoit par celles-là, en défend absolument l'entrée : & c'est l'esprit des loix que l'on a faites de nos jours en Suede ([2]). Ce sont les seules loix somptuaires qui conviennent aux monarchies.
En général, plus un état est pauvre, plus il est ruiné par son luxe relatif ; & plus, par conséquent, il lui faut de loix somptuaires relatives. Plus un état est ri-