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no2, voudraient lire ce caractère comme si c’était un H à une seule haste. Mon attention s’est portée tout récemment encore sur ce point ; or, la netteté du trait, ainsi que l’état de la surface environnante, sont tels qu’il m’est impossible d’y voir autre chose qu’un I. La vérité est qu’il existe deux petits éclats sur le bord gauche du trait de cette lettre, l’un au premier tiers environ, l’autre au second tiers de la hauteur. Ces éclats sont si minimes qu’on n’est pas sûr de les retrouver à l’estampage ; ils s’étendent latéralement à deux millimètres au plus, et leur profondeur n’est pas le quart de celle du jambage ; ils n’apparaîtraient sur un dessin que comme des points, ou tout au plus comme ces petits traits déliés qui servent de base aux extrémités des jambages. Sérieusement, on ne peut regarder ni l’un ni l’autre comme la traverse d’un H, même à l’état le plus rudimentaire ; encore faudrait-il que l’un d’eux fût à mi-hauteur de la haste. Il faut donc renoncer à la lecture d’un H et en prendre son parti ; je dirais même, si je ne craignais de paraître jouer sur les mots, qu’il faut en tirer parti et accepter la présence inattendue du I à la place du H comme un nouvel élément d’étude de la phonétique gauloise. Quant à l’interprétation du texte, elle est étrangère à ce débat philologique et reste la même, quelle que soit la lecture adoptée.

Robert MOWAT.

Imp. Catel, Rennes.