Page:Musset - Œuvres complètes d’Alfred de Musset. Comédies II.djvu/343

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la campagne chez une amie pleine d’expérience, qui en répond à sa famille, et qui, le soir, la laisse au piano, pour se promener sous les charmilles, en chuchotant avec un hussard ? Va-t-elle aux eaux ? A-t-elle des migraines ?

VAN BUCK

Jour de Dieu ! qu’est-ce que tu dis là !

VALENTIN

C’est que si elle ne sait rien de tout cela, on ne lui pas appris grand-chose ; car, dès qu’elle sera femme, elle le saura, et alors qui peut rien prévoir ?

VAN BUCK

Tu as de singulières idées sur l’éducation des femmes. Voudrais-tu pas qu’on les suivît ?

VALENTIN

Non ; mais je voudrais qu’une jeune fille fût une herbe dans un bois, et non une plante dans une caisse. Allons, mon oncle, venez aux Tuileries, et ne parlons plus de tout cela.

VAN BUCK

Tu refuses mademoiselle de Mantes ?

VALENTIN

Pas plus qu’une autre, mais ni plus ni moins.

VAN BUCK

Tu me feras damner ; tu est incorrigible. J’avais les plus belles espérances ; cette fille-là sera très riche un jour ; tu me ruineras, et tu iras au diable ; voilà tout