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LA CRISE DE l'eSPRIT 33I
point de vue est faux, puisqu'il sépare l'esprit de tout le reste des activités ; mais cette opération abstraite et cette falsification sont inévitables : tout point de vue est faux.
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Une première pensée apparaît. L'idée de culture, d'intelligence, d'œuvres magistrales est pour nous dans une relation très ancienne — tellement ancienne que nous remontons rarement jusqu'à elle — avec l'idée d'Europe.
Les autres parties du monde ont eu des civilisations admirables, des poètes de premier ordre, des construc- teurs, et même des savants. Mais aucune partie du monde n'a possédé cette singulière propriété physique : le plus intense pouvoir émissif uni au plus intense pouvoir absorbant.
Tout est venu à l'Europe et tout en est venu. Ou presque tout.
Or, l'heure actuelle comporte cette question capitale : l'Europe va-t-elle garder sa prééminence dans tous les genres ?
L'Europe de viendra- t-elle ce qu'elle est en réalité, c'est-à-dire : un petit cap du continent asiatique ?
Ou bien l'Europe restera-t-elle ce quelle paraît, c'est- à-dire : la partie précieuse de l'univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d'un vaste corps ?
Qu'on me permette, pour faire saisir toute la rigueur de cette alternative, de développer ici une sorte de théo- rème fondamental.
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