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LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE
La Nouvelle Revue Française rompt aujourd'hui le long silence auquel la guerre, en dispersant dès le premier jour ses collaborateurs, l'a forcée.
Ce silence, bien qu'elle ne s'y soit pas délibérément obligée, bien qu'il n'ait pas été de sa part une attitude, elle ne le regrette pas. Entre autres avantages, il aura eu celui de lui permettre un examen de conscience approfondi et une compréhension plus nette des fins qu'elle avait jusque-là poursuivies peut-être un peu à tâtons.
La Nouvelle Revue Française a été fondée au début de 1909 par un groupe de sept écrivains : André Gide, Michel Arnauld, Jacques Copeau, Henri Ghéon, André Ruyters et Jean Schlumberger, qu'unissaient, en même temps qu'une étroite amitié, de communes préoccupations esthétiques. A vrai dire, ce ne xut pour annoncer aucun évangile Httéraire ni pour proclamer l'avènement d'au- cune nouvelle école qu'ils sentirent le besoin de se rap- procher et de créer une revue. Ils avaient passé l'âge des enthousiasmes absolus, et d'ailleurs leur tempéra- ment ne les disposait guère à jamais croire que le Beau se pût enfermer dans une formule exclusive, ni qu'il en pût automatiquement découler. La Nouvelle Revue Française,
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