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dissensions viennent céder à de plus graves. Je ne me dresserais pas contre eux tous, que, sans doute, ils resteraient, à se chamailler. Car ils ont cultivé de suffisants motifs de discorde, et de quoi tirer le glaive hors du fourreau. Jusqu'à quel point la peur de moi saura-t-elle fondre leurs querelles et fusionner leurs partis, c'est ce que j'ignore. Qu'il en soit ce que les dieux voudront ! Quant à nous, il s'agit de déployer toutes nos ressources, car nos vies sont à ce prix. Viens, Ménas.


SCÈNE III
Rome. — Maison de Lépide.

Lépide. — Brave Enobarbus, tu feras un acte méritoire et digne de toi, en persuadant ton capitaine de s'expliquer d'une manière douce et courtoise.

Enobarbus. — Je le persuaderai de répondre à sa manière : si César l'excite laissons seulement Antoine lui regarder par-dessus la tête, et parler aussi haut que Mars. Par Jupiter, si je portais la barbe d'Antoine, je ne la raserais pas aujourd'hui.

Lépide. — Ce n'est pas le moment des rancunes privées.

Enobarbus. — Chaque souci est apporté par le moment qui lui convient.

Lépide. — Mais les petits soucis doivent céder aux grands.

Enobarbus. — Non pas, si les petits sont les premiers.

Lépide. — C'est ta passion qui parle. Mais, par pitié, ne souffle pas sur le feu. Voici le noble Antoine.

(Entrent Antoine et Ventidius.)
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