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A PROPOS DE BAUDELAIRE ' 663

fois à une véritable éloquence. Mais voilà-t-il pas que notre si distingué collaborateur M. Allard vient faire de la min- ceur même de son œuvre une raison pour qu'elle survive à jamais. Avec un si léger bagage, dit-il (à peu près), on se glisse plus aisément jusqu'à la postérité. Avec de pareils arguments, dirai-je à mon tour, il n'y a rien qu'on ne puisse prétendre. La postérité se soucie de la qualité des œuvres, elle ne juge pas sur la quantité. Elle retient les im- menses Noces de Cana ou les Mcinoircs de Saint-Simon, aussi bien qu'un rondel de Charles d'Orléans, ou un minuscule et divin \tr Meer. Le raisonnement de M. Allard m'a fait par contraste penser à une phrase, tout opposée, inexacte, absurde, de Voltaire, une phrase si amusante quoi- que si fausse que je regrette de ne pas la citer exactement : « Le Dante est assuré de survivre : on le lit peu ».

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