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HYMÉKÉE ! 683
à l'heure présente ? Une bûche ! disons-le franchement. Tu ne signifies rien et ne sais pas pourquoi tu vis. Jette un coup d'œil dans une glace ; tu n'y vois qu'un visage stupide. Au lieu de cela, imagine auprès de toi des mar- mots, pas seulement deux ou trois, six peut-être, et tous, te ressemblant comme deux gouttes d'eau. Tu es seul et unique conseiller de cour, chef de division, ou autre espèce de directeur, Dieu seul sait quoi ! Et alors il y aura autour de toi, imagine-le, de ces petits chefs de division, de ces petits polissons... Et l'un de ces sacripants, en te tendant ses menottes, te tirera tes favoris ; et tu lui aboieras comme un chien : aff, aff, aô ! Dis-moi ce qu'il peut y avoir de mieux ?
PoDKOLiÈssiNE. — Mais cc scront de grands polissons. Ils gâteront tout, mêleront mes papiers.
KoTCHKARiov. — Polissons, peu importe ! Tous te res- sembleront, voilà le principal.
PoDKOLiÈssiNE. — C'est vrai^ le diable vous emporte, c'est drôle tout de même ! Dire que ces petits choux-à-la- crème-là, ce's petits morveux, ça vous ressemble !
KoTCHKARiov. — Evidemment c'est drôle. Alors on y va ?
PODKOLIÈSSINE. — Allous-y s'il le faut !
KoTCHKARiov. — Stépaue, viens aider ton maître à s'ha- biller !
PODKOLIÈSSINE, shabUlaut devant la glace. — Je crois qu'il faudrait mettre un gilet blanc.
KoTCHKARiov. — Ça n'a aucune importance.
PODKOLIÈSSINE, attachant son col. — Maudite blanchis- seuse, elle empèse si mal les cols que jamais ça ne tient ! Stépane, tu lui diras que si elle continue, l'idiote, à repasser si mal mon linge, j'en prendrai une autre. Elle doit perdre son temps avec des amoureux au lieu de repasser.
KoTCHKARiov. — AUons, plus vite, vieux ! Comme tu lambines !
PODKOLIÈSSINE. — Tout de suite ! (Il passe son frac et s'assied.^ Ecoute, cher ami, sais-tu ? Vas-y tout seul !
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