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1A CONFESSION DE STAVROGUINE 47
— Je supposais que vous me diriez quelque chose de sérieux. C'est pour cela que je suis venu, dit-il à mi-voix, comme s'il tendait toutes ses forces pour se contenir ; il jeta les débris du crucifix sur la table.
Tikhon baissa rapidement les yeux.
— Ce document exprime directement le besoin d'un cœur mortellement blessé ; est-ce ainsi que je dois le comprendre ? demanda-t-il avec insistance et presque avec ardeur. Oui, c'est le besoin naturel de pénitence ; il s'est emparé de vous. La souffrance de l'être que vous avez offensé vous a frappé à tel point que c'est pour vous une question de vie ou de mort : il y a donc encore de l'espoir pour vous et vous suivez maintenant la vraie voie en vous préparant à accepter devant tous le châtiment de la honte. Vous vous adressez au jugement de l'église, bien que vous ne croyiez pas en l'église.
Est-ce que je comprends bien ? Mais il semble que vous haïssez déjà d'avance et que vous méprisez tous ceux qui liront ce qui est écrit là ; il semble que vous leur jetez un défi.
— Moi ? Je jette un défi ?
— Vous n'avez pas eu honte de confesser votre crime ; pourquoi avez-vous honte de faire pénitence ?
— Moi ? J'ai honte ?
— Oui, vous avez honte et vous avez peur.
— J'ai peur ! Stavroguine eut un rire convulsif et de nouveau sa lèvre supérieure trembla.
— Qu'ils me regardent, dites-vous. Mais vous-même, comment les regarderez-vous ? Vous attendez déjà leur haine pour leur répondre par une haine plus grande encore. Certains passages de votre confession sont encore c oulignés par votre style. Vous avez l'air d'admirer votre psychologie et vous profitez des choses les plus insigni- fiantes pour étonner le lecteur par votre insensibilité, par votre cynisme qui peut-être n'existent même pas en vous. D'un autre côté, les mauvaises passions et les habitudes
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