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574 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE
sont citoyens. La Poésie ne rhythmera plus l'action ; elle sera en avant.
Ces poètes seront ! Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l'homme, — jusqu'ici abominable, — lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l'in- connu ! Ses mondes d'idées difFéreront-ils des nôtres ? — Elle trouvera des choses étranges, insondables, repous- santes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les com- prendrons.
En attendant, demandons au poète du nouveau^ — idées et formes. Tous les habiles croiraient bientôt avoir satisfait à cette demande : — ce n'est pas cela Xy^
Les premiers romantiques ont été voyants sans trop bien s'en rendre compte : la culture de leurs âmes s'est com- mencée aux accidents : locomotives abandonnées, mais brûlantes, que prennent quelque temps les rails. — Lamartine est quelquefois voyant, mais étranglé par la forme vieille. — Hugo, trop cabochard^ a bien du vu dans les derniers volumes : les Misérables sont un vrai poème. J'ai les Châtiments sous main ; Stella donne à peu près la mesure de la vue d'Hugo. Trop de Belmontet et de Lamennais, de Jehovahs et de colonnes, vieilles énormités crevées.
Musset est quatorze fois exécrable pour nous, géné- rations douloureuses et prises de visions, — que sa paresse d'ange a insultées ! Oh ! les contes et les proverbes fadasses ! ô les Nuits ! ô Rolla^ 6 Namouna^ 6 la Coupe ! tout est français, c'est-à-dire haïssable au suprême degré ; français, pas parisien ! Encore une oeuvre de cet odieux génie qui a inspiré Rabelais, Voltaire, Jean La Fontaine,
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