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MIGUEL MANARA 593
Tu es venu ici pour être bien grondé,
et tu reproches à Pénitence sa voix douce.
Ils sont tous comme cela ; ils sont terribles, ces
enfants ! Parce que le Seigneur est doux, ils voudraient s'en
gaver et éclater. Tu es sorti de ta maison comme pour acheter un
fruit, Tu es venu. Tu es ici. Et tout va bien.
DON MIGUEL. — J'ai peur de votre grande compassion, mon père.
Je me sens tellement enveloppé, enserré de dou- ceur.
Il ne faut pas être si doux, mon père.
Je me sens fondre à votre chère douceur.
J'ai honte. Jamais on ne m'a parlé comme cela.
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L'ABBE. — Mais si, mais si. On t'a beaucoup aimé, et tu sais bien, scélérat, que l'on t'a mainte et mainte fois parlé avec dou- ceur. Serais-tu ingrat ?
Non. Tu dis cela parce que tu es vêtu de vanités, parce que tu as les cheveux propres et bien peignés, parce que tu as un beau pourpoint (Dieu merci, je
ne suis pas une fillette !) et des mains blanches aux doigts lavés et bien polis. Tu voudrais déjà, je gage, être vêtu de guenilles,
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