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LA GUADELOUPE PREHISTORIQUE

À la Guadeloupe notamment, les haches et les couteaux se rencontraient jadis fréquemment ; les recherches multipliées les ont rendus plus rares. Les roches métamorphiques très abondantes dans l’île ont fourni la matière d’où ces armes et ces outils ont été tirés. Récemment M. Guesde a déterré, dans un champ resté en friche depuis soixante ou quatre-vingts ans, des couteaux en silex. Ce fait irait à l’encontre de l’opinion générale sur la non-existence du silex dans les Antilles ; mais rien ne prouve que ces silex ne viennent pas des régions voisines. Il est certain que l’on trouve fréquemment dans ces îles des objets en jade, en jadéite, en marbre (fig. 1), évidemment de provenance étrangère, car aucun gisement n’est connu dans les Antilles. Il faut donc, dès ces temps reculés, admettre des rapports de commerce et d’échange non seulement entre les îles des divers groupes, mais encore entre celles-ci et le continent voisin.

Fig. 2. – 1/2 Gr.
Hache en roche noire. Cette hache se rencontre fréquemment dans les Antilles.

Le travail de ces armes ou de ces outils est en général très remarquable ; c’est au moyen du frottement contre d’autres pierres que l’on parvenait à les façonner. La découverte de plusieurs petits polissoirs dont l’usure atteste le long service ne peut laisser de doutes à cet égard.

On recueille à la Guadeloupe à toutes les altitudes, sur les côtes comme dans l’intérieur des terres, des objets fabriqués par l’homme. Les uns sont extrêmement petits, on les croirait destinés à une race de nains ; d’autres au contraire sont d’une grande dimension et n’ont pu servir qu’à des hommes d’une force exceptionnelle. Quelques-uns par la grossièreté du travail semblent indiquer une industrie naissante, d’autres sont comparables aux plus belles haches danoises et sont polies avec un art que l’on ne saurait surpasser ; il est certain qu’il a fallu à l’homme un long temps et de nombreux tâtonnements pour arriver à une semblable perfection. Les haches présentent toutes les formes imaginables : elles sont tantôt longues et étroites (fig. 2), tan-